ONG SODEB
Autonomisation Santé sexuelle
LOKOSSA
05/09/2025
INTRODUCTION
Les Violences Basées sur le Genre (VBG) constituent une violation des droits humains qui touche particulièrement les femmes et les filles. Elles trouvent leur origine dans les inégalités sociales entre les sexes, les normes culturelles discriminatoires et le poids des traditions qui légitiment ou banalisent la domination masculine. Malgré l’existence d’un arsenal juridique au Bénin (Constitution, Code des personnes et de la famille, lois spécifiques contre les mutilations génitales féminines, etc.), les VBG persistent et affectent profondément le développement social, économique et sanitaire.
Cependant, les femmes continuent de subir des violences physiques (coups, sévices), psychologiques (humiliations, menaces, isolement), sexuelles (viols, harcèlement, violences conjugales), économiques (privation de ressources, interdiction de travailler), et institutionnelles (difficulté d’accès à la justice, faible représentativité dans les instances de décision). Ces violences entraînent des conséquences graves telles que : abandon scolaire, mariages précoces, dépendance économique, atteintes à la santé sexuelle et reproductive, et baisse de l’estime de soi.
Conscients de ces défis, SODEB ONG a initié un atelier de formation le 05 septembre 2025, animé par Mme ALLAGBE Nadia, afin de sensibiliser et d’outiller les participants sur la compréhension des VBG, leurs manifestations dans le contexte béninois, les droits juridiques des femmes ainsi que les liens avec la santé sexuelle et reproductive. Cet atelier s’est tenu en présentiel à Lokossa et en visioconférence dans plusieurs antennes du cabinet ainsi qu’avec des participants connectés en ligne, ce qui a permis une large participation.
Ce rapport rend compte des objectifs, du contenu, du déroulement, de l’évaluation et des perspectives issus de cette activité.
I. OBJECTIFS ET RÉSULTATS ATTENDUS
Objectifs
L’atelier avait pour objectifs de :
- Définir et expliquer la notion de violences basées sur le genre.
- Identifier les différentes formes de VBG (physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et institutionnelles).
- Analyser les manifestations et réalités des VBG dans le contexte béninois.
- Informer les participants sur les droits garantis aux femmes par la législation nationale.
- Établir le lien entre VBG et santé sexuelle et reproductive.
- Favoriser l’émergence d’attitudes et de comportements favorables à la prévention et à la dénonciation des violences.
Résultats attendus
À l’issue de la formation, les participants devraient être capables de :
- Comprendre clairement ce que recouvrent les VBG.
- Reconnaître et classer les formes de violences dans leur environnement.
- Connaître les droits fondamentaux des femmes et les textes qui les protègent.
- S’engager dans la prévention des VBG et l’accompagnement des victimes.
II. CONTENU DE LA SEANCE
La séance a été structurée en quatre grandes parties :
- Définitions et typologies des VBG
- Clarification du concept de violence et de violences basées sur le genre.
- Identification des différentes formes de violences (physique, psychologique, sexuelle, économique, institutionnelle).
- Exercices pratiques de classement des exemples de VBG.
- Les violences faites aux femmes au Bénin
- Analyse des réalités vécues par les femmes dans différents contextes (famille, travail, espace public).
- Cas des mariages précoces et forcés.
- Conséquences des violences sur la santé, l’éducation et l’économie des femmes.
- Les droits des femmes au Bénin
- Présentation du cadre juridique et politique béninois : Constitution, Code des personnes et de la famille, Politique Nationale de Promotion du Genre.
- Droits liés à l’héritage, à la terre, à l’égalité successorale.
- Limites d’application des droits (coutumes, ignorance, pratiques discriminatoires).
- Lien entre VBG et santé sexuelle et reproductive
- Importance de la santé sexuelle et reproductive selon l’OMS.
- Impact des mariages précoces, des violences conjugales et du refus de la contraception.
- Conséquences des grossesses précoces et rapprochées sur la santé des femmes.
III. DÉROULEMENT DU MODULE
Approche méthodologique
La session a été animée de manière participative et interactive. L’animatrice a utilisée :
- Des présentations PowerPoint illustrées.
- Des discussions en plénière avec questions-réponses.
- Des exercices pratiques de classement d’exemples de VBG.
- Des témoignages et partages d’expériences vécues.
Cette démarche a favorisé l’implication active des participants, le dialogue et une meilleure appropriation des notions.
Documents et matériels pédagogiques
- Support de présentation numérique.
- Fiches d’information.
- Moyens techniques pour la visioconférence.
Participation
- Présentiel : antenne Cabinet Finex Consulting Lokossa.
- Visioconférence : antennes de Cotonou, Porto-Novo, Calavi, Natitingou, Parakou, Dassa, Kandi.
- Participants en ligne : plusieurs connexions individuelles.
Cette organisation hybride a permis de toucher un public diversifié réparti sur différentes localités du Bénin.
IV. ÉVALUATION DE LA FORMATION
L’évaluation de la formation s’est déroulée de manière continue tout au long de l’atelier à travers des exercices pratiques, des mises en situation et des échanges interactifs avec les participants. Au démarrage de la session, il a été constaté que la plupart des participants avaient une perception limitée des Violences Basées sur le Genre (VBG), les assimilant principalement aux violences sexuelles. Cette conception réductrice traduisait un manque de connaissance sur les autres formes de violences tout aussi graves et présentes dans la société béninoise.
À travers les présentations et les échanges , les participants ont progressivement pris conscience de l’existence d’autres catégories de VBG, notamment les violences physiques ( coup, gifles, sévices corporels … ) violences psychologiques (humiliations, menaces, isolement…), les violences sexuelles (viol, harcèlement, violences conjugales…), les violences économiques (privation de ressources, interdiction de travailler…) et les violences institutionnelles (inégal accès à la justice, marginalisation dans la prise de décision). Les exercices pratiques de classement proposés par l’animatrice ont permis de renforcer cette compréhension en confrontant les participants à des cas concrets inspirés de la réalité béninoise.
L’évaluation finale a montré une évolution notable dans le niveau de compréhension et d’appropriation des concepts. Les participants ont reconnu avoir acquis une meilleure capacité à identifier et à classer les formes de VBG, à faire le lien avec la santé sexuelle et reproductive, et à comprendre les droits des femmes consacrés par la législation nationale. Plusieurs témoignages ont souligné la pertinence de l’approche participative, la clarté des explications et la richesse des échanges qui ont favorisé une assimilation durable des notions abordées. En somme, la formation a atteint ses objectifs pédagogiques en renforçant le niveau de connaissance et d’engagement des participants.
V. PERSPECTIVES
L’analyse des échanges au cours de l’atelier a mis en évidence que, malgré l’existence d’un cadre juridique au Bénin pour protéger les femmes contre les violences, plusieurs obstacles freinent encore l’éradication des VBG. Les participants ont reconnu que la persistance de ces violences s’explique principalement par la pauvreté, qui rend de nombreuses femmes économiquement dépendantes et vulnérables face aux abus. À cela s’ajoute l’ignorance des textes de loi, car une grande partie de la population, en particulier dans les zones rurales, ne connaît pas ses droits ni les recours possibles en cas de violence.
Le poids des traditions et des pratiques culturelles constitue également un frein majeur. Dans plusieurs communautés, certaines normes sociales continuent de légitimer la domination masculine et de banaliser les violences à l’égard des femmes et des filles. Enfin, le manque de protection efficace, notamment en termes d’accès à la justice, de prise en charge des victimes et d’application stricte des textes, entretient un climat d’impunité qui décourage souvent les femmes de dénoncer les abus.
En perspective, il est apparu nécessaire de renforcer la vulgarisation des lois existantes, de développer des campagnes de sensibilisation de proximité, et de mettre en place des mécanismes de protection plus accessibles et efficaces. Ces actions combinées permettraient non seulement de réduire la tolérance sociale face aux violences, mais aussi de donner aux victimes la confiance nécessaire pour revendiquer leurs droits et obtenir justice.
CONCLUSION
L’atelier de formation du 05 septembre 2025 sur les ‘‘Violences Basées sur le Genre’’ a constitué un cadre d’échanges riche et constructif. Il a permis aux participants de mieux comprendre les enjeux liés aux VBG, de connaître les droits des femmes et de réfléchir à des solutions adaptées pour leur prévention.
Il ressort que la lutte contre les VBG ne peut être gagnée que par une action collective et continue, impliquant tous les acteurs sociaux, institutionnels et communautaires. Les participants, désormais mieux informés et sensibilisés, sont appelés à devenir des relais dans leurs milieux respectifs pour promouvoir l’égalité, la dignité et le respect des droits humains.
SODEB-ONG agit chaque jour pour bâtir un Bénin plus solidaire, durable et inclusif.
Notre mission
Promouvoir un développement durable et inclusif au Bénin
Notre vision
Un Bénin où chaque individu a les moyens d’atteindre son plein potentiel.
Notre Engagement
Travailler en collaboration avec les communautés locales pour un impact durable